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Michelin présente le PS4S Limited Edition aux 24h du Mans

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Comme indiqué en page précédente, le PS4S Limited Edition nous a été présenté par plusieurs figures de la marque de Clermont-Ferrand. L’occasion rêvée pour nous de leur poser quelques questions, à la fois sur le pneu en lui-même, mais aussi sur les 24h du Mans.

Jérôme Charachon – Directeur Marketing Michelin Europe

Speedguerilla : « Nous avons pris le temps d’observer les caractéristiques et la fiche technique du PS4S, et nous avons été bluffés par ses performances. Vous avez réussi à mettre au point un pneu qui surclasse la concurrence non pas seulement dans un domaine, mais sur les critères de freinage (sec et mouillé), de temps au tour, et de longévité ! Une prouesse ! Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots comment vous êtes parvenus à de tels résultats, en termes de tests et de développement ? »

Jérôme Charachon : « Il s’agit en fait du challenge du développement du pneumatique : réussir à obtenir une performance que l’on appelle « totale » sur l’ensemble des composantes.Il est finalement assez facile d’être performant dans une dimension, mais chez Michelin nous avons décidé de ne pas jouer ce jeu là, car nous savons que nos clients ont besoin de cette performance totale puisqu’ils sont confrontés à des situations qui évoluent sans arrêt. Comment on y arrive, concrètement ? Il est déjà très important que Michelin soit présent aux 24h du Mans car c’est ici que nous testons nos technologies, en compétition automobile. L’endurance pour nous c’est réellement le test ultime, puisqu’il faut être capable de tenir 24H avec des voitures de 850 chevaux, dans des conditions météorologiques changeantes. Nous avons aujourd’hui deux technologies bien spécifiques. La technologie bi-compound, avec des composants différents sur les parties intérieure et extérieur de la bande de roulement, puisque ces zones sont sollicitées de manière différente, et ce qui nous permet donc d’avoir des performances nettement supérieures. Nous avons également la technologie que nous appelons « Dynamic Response », qui nous permet avec une certaine rigidité en surface du pneu, d’avoir une réactivité et une précision de pilotage encore une fois supérieure. »

Speedguerilla : « Existe-t-il dans ce cas un lien direct entre le département sport-automobile et le département route chez Michelin ? »

Jérôme Charachon : « Nous essayons effectivement d’avoir des liens qui soient les plus forts possibles entre ces deux départements. C’est pour cette raison que l’endurance, le rallye, ou encore la Formula E sont des compétitions qui nous intéressent beaucoup puisque l’on travaille sur des pneus de 18 pouces, qui sont des tailles qui nous permettent de transférer très rapidement et assez facilement sur route les technologies employées en course. A l’inverse, une Formule 1 par exemple roule en 13 pouces, des tailles qui n’existent plus chez les constructeurs aujourd’hui, ce qui rend les transferts de technologies beaucoup plus compliqués. »

Pascal Couasnon – Directeur de Michelin Motorsport

Speedguerilla : « Il semble évident que les 24h du Mans sont la course de l’année pour Michelin, la compétition majeure à remporter. Pouvez-vous rapidement nous expliquer comment vous vous préparez un tel évènement ? »

Pascal Couasnon : « Il s’agit effectivement d’un évènement très important, et il faut savoir que la préparation commence le lendemain de la fin de l’édition précédente. Il est très important pour Michelin de recueillir sans arrêt les informations et notamment les retours de pilotes. Nous avons alors nos hypothèses, nos théories sur le comportement des pneus via les solutions que nous avons amené cette année, et nous venons alors comparer la théorie et la pratique. En fonction de ces retours d’expériences en continue, nous allons  pouvoir établir de nouvelles hypothèses pour faire évoluer le pneu, nous allons à nouveau les tester, et ce sera un dialogue permanent entre les teams et les pilotes pendant le reste de la saison et pendant l’intersaison, afin d’être prêt aux alentours de janvier-février. Il y a à partir de là 5000 pneus à fabriquer, ce qui nous mène jusqu’aux 24h du Mans. »

Speedguerilla : « Comment gérez-vous la concurrence en endurance au sein d’une même catégorie ? Prenons l’exemple Toyota / Porsche. Michelin fournit des pneus à ces deux grandes équipes. Est-ce que vous leur vendez le même pneu, est-ce un pneu différent, comment gérez-vous cela ?  »

Pascal Couasnon : « Aujourd’hui ce sont des pneus différents. Notre but c’est que l’on puisse extraire le maximum de performances de ce que j’appelle le « triangle magique » : entre la voiture, le pilote et le pneu. Pendant les essais, il va y avoir une direction qui sera établie par chacune des équipes, et Michelin fournira alors des solutions en fonction des retours de chaque équipe. En revanche, il est essentiel pour nous de garder la confiance de chacune des écuries. L’une des choses que nous faisons pour aller dans ce sens, et qui est assez unique à Michelin, c’est de proposer à chaque équipe de tester le pneu des autres teams. Par conséquent, s’ils ont pris les bonnes décisions adaptées à leur propre véhicule, le pneu de l’équipe adverse doit être moins performant sur leur voiture. Aujourd’hui toutefois les équipes font très rarement le choix de tester les pneus des équipes concurrentes car elles ont une confiance totale en Michelin, et elles préfèrent ne pas perdre de temps. Mais c’est une façon pour nous de prouver à chacun que nous n’avons pas donné de la technologie à l’un et pas à l’autre.

Une autre chose qu’il est peut-être important de souligner, c’est que nos pneus sont confidentiels en dehors des équipes. Cela veut dire que nous ne vendons pas le pneu mais nous le louons. Il y a alors un système de traçage de chaque pneu dès la sortie de l’usine, et nous récupérons le pneu après roulage qui sera envoyé à Clermont-Ferrand par la suite pour davantage de tests. Il est donc inimaginable de voir rentrer un fan avec un pneu à la main, les équipes écopant d’une pénalité d’un million d’euro pas pneu non rendu ! »

Heloïse Debordeaux – Designer Produit chez Michelin

Speedguerilla : « Pouvez-vous tout d’abord nous expliquer en quoi consiste le métier de designer chez un manufacturier de pneu ?  »

Heloïse Debordeaux : « Nous travaillons en partenariat avec les ingénieurs qui vont développer le pneu, aussi bien d’un point de vue des matériaux que des performances, pour la géométrie de la bande de roulement par exemple. Dès le début du projet, nous nous rassemblons avec eux et la partie marketing pour décider si l’on veut plutôt quelque chose de très agressif, très expressif, est-ce que l’on est dans une continuité, une rupture, etc… A partir de là on commence à dessiner, on a des échanges très réguliers avec les ingénieurs, de manière à ce qu’à la fin le pneu puisse tenir les performances imposées par le cahier des charges, le design ne devant pas influencer de manière négative les performances. Les ingénieurs nous disent alors quels sont nos degrés de liberté.

Sur la partie flanc du pneu, les ingénieurs ont beaucoup moins de contraintes que sur la bande de roulement par exemple, toutefois nous sommes davantage confrontés à des points de législation. Je pense notamment aux marquages règlementaires qui doivent apparaitre sur le pneu. La priorité est alors toujours donnée à la marque, il faut que nous puissions voir tout de suite que c’est un Michelin. Pour cette série limitée, nous avons poussé dans ses derniers retranchements la technologie Premium Touch Design, que nous avons utilisé de manière beaucoup plus étendue, notamment avec le damier, qui vient évoquer la compétition. »

Speedguerilla : « Comment parvenez-vous à jauger l’intérêt du client pour l’esthétique d’un pneu ? »

Heloïse Debordeaux : « Nous avons fait plusieurs enquêtes avec des organismes extérieurs, qui ont proposé aux populations visées de comparer le design des différents pneus concurrents avec le PS4 en finition Premium Touch. Il s’est alors avéré que les clients perçoivent tout de suite la marque Michelin et ont un intérêt pour cet aspect velours, qu’ils viennent toucher naturellement. On remarque alors que nous avons suscité la curiosité, et c’est exactement ce que nous recherchons dans le métier de designer. Le PS4S Limited Edition est alors le tout premier d’une série qui devrait se développer dans les prochains mois, avec des partenariats notamment, nous vous en dirons plus prochainement… »

Nicolas Jousse – Designer Automobile

Speedguerilla : « Pour faire suite à la question posée à Héloïse Debordeaux, pouvez-vous cette fois nous expliquer en quoi consiste votre métier en tant que Designer dans l’automobile en général, et quelles en sont les grandes étapes ? »

Nicolas Jousse : « Nous partons toujours par un briefing technique qui décrit l’essentiel de la voiture, les objectifs de la marque, quelle philosophie on veut apporter au véhicule…. Nous étudions alors le marché, ce que fait la concurrence, de manière à trouver un positionnement design bien spécifique pour avoir une identité propre. On s’inspire ensuite de nombreux thèmes différents pouvant aller jusqu’aux films de science-fiction, pour se nourrir, puis on commence directement par dessiner. C’est alors le début d’un process design qui va durer très longtemps. On va en effet faire des centaines de sketchs, essayer des choses, qui ne fonctionneront pas forcément du premier coup, puis nous venons combiner les idées les plus intéressantes entre elles. Nous établissons ensuite une shortlist de 3 thèmes design qui sont menés en parallèle par différentes équipes de designer, que l’on va numériser pour mieux nous rendre compte de leur aspect en trois dimensions tout en continuant d’améliorer le design de ces différentes solutions. Progressivement, nos choix s’affinent et nous venons intégrer des contraintes d’ingénierie, de package technique, ou encore de tests en soufflerie. Nous travaillons alors avec des aérodynamiciens, des ergonomes, des ingénieurs techniques, etc… C’est beaucoup de partage, beaucoup d’échanges, qui permettent d’aboutir après environ un an uniquement sur le process design, sur un produit qui sera vendu sur le marché et utilisé par des milliers d’utilisateurs ! »

Allan McNish – Pilote triple vainqueur des 24h du Mans

Speedguerilla : « Vous avez eu une carrière exceptionnelle, avec notamment trois titres ici aux 24h du Mans, puis vous avez décidé de prendre votre retraite de pilote de course. Pouvez-vous nous expliquer quel est votre rôle aujourd’hui  en sport auto, et si vous travaillez toujours avec certaines marques ? »

Allan McNish : « Je suis aujourd’hui toujours en lien avec le groupe Audi, pour qui je coordonne la partie Motorsport, composée d’Audi, Lamborghini et Ducati. Je m’occupe également de lancer leur projet en Formule E, catégorie dans laquelle ils arrivent l’année prochaine, pour la quatrième saison de ce championnat. Bien entendu, j’ai également une réelle relation d’amitié avec Michelin après 20 ans à travailler avec eux en piste, ce qui nous a valu beaucoup de succès, de trophées et de champagne ! Je reste donc impliqué dans le sport que j’aime, même si je ne voulais plus courir. Ce week-end cependant je vais m’occuper des commentaires pour une chaîne de télévision, mais aussi de coacher un des pilotes Ford, en espérant qu’il rapporte son deuxième titre au Mans dimanche soir ! »

Speedguerilla : « Après tant d’années derrière un volant, comment vous sentez-vous aujourd’hui, alors que vous allez regarder vos camarades de courses prendre le départ ce samedi ? Est-ce que cela ne vous manque pas ? »

Allan McNish : « Pas le moins du monde. J’ai couru pendant 32 ans, 32 années de ma vie impliquées dans le pilotage. Une des dernières choses que je voulais réaliser, est quelque chose que j’ai manqué ici au Mans en 1985 : gagner un championnat du monde. A cette époque j’ai terminé 3e du championnat du monde de karting. J’ai ensuite eu deux autres opportunités, la première en Formule 1 mais ce n’était pas possible de remporter le titre avec Toyota, et enfin en WEC. Alors quand j’ai gagné le WEC en Chine, j’ai décidé que ce serai ma dernière course : j’avais enfin coché la case, j’avais réalisé mon objectif. Je ne pilote d’ailleurs presque plus, même à titre personnel. La dernière fois que j’ai piloté une voiture sur piste devait être il y a environ un an, peut-être ! Certains pilotes ont du mal à arrêter la course, pour moi c’est comme un livre : par moment vous terminez un chapitre et vous devez alors tourner la page et changer de chapitre. J’adore toujours conduire, j’adore le sport automobile, et je passe toujours beaucoup de temps dans les paddocks, mes rôles ont simplement changés ! »

A la fin de ce week-end, Michelin a remporté sa 20ème victoire consécutive aux 24h du Mans, un exploit majuscule, et nous ne pouvons que les féliciter pour une telle performance !

J’aimerais remercier chaleureusement toute l’équipe du staff Michelin qui nous a accueilli pendant ces 24h du Mans, notamment Alain et Nicolas. Un second article axé sur la course en elle même et l’ambiance qui règne au Mans arrivera dans les prochains jours, alors restez connectés !

Récit, photos, et propos recueillis par Nicolas Verneret pour Speedguerilla.

Sommaire

Page 1: Présentation du PS4S Limited Edition

Page 2: Interviews avec plusieurs acteurs clés de Michelin

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La McLaren Senna est (vraiment) extrême

Futur mythe, comme le nom qu’elle porte…

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McLaren Senna

McLaren a dévoilé la Senna qui rend bien entendu hommage au pilote brésilien. La McLaren Senna est tout simplement la McLaren homologuée pour la route la plus extrême jamais assemblée. Le nom n’est pas vraiment usurpé puisque le neveu d’Ayrton, Bruno Senna, a joué un rôle déterminant dans le développement de la voiture et McLaren a travaillé en étroite collaboration avec la Fondation Senna afin de pouvoir utiliser ce nom. Une contribution financière sera faite à la Fondation Senna pour la vente de toutes les voitures.

Au commencement, il y avait la F1 suivi de nos jours par la P1. Une ligne fluide et des performances hallucinantes que McLaren classe dans sa catégorie McLaren Ultimate Series, réservée aux voitures les plus rares et extrêmes de la marque. Vraiment extrême?

La McLaren Senna pousse le concept encore plus loin. Elle abandonne la pureté des lignes pour miser sur des performances accrues. L’aérodynamisme actif avant et arrière génère des niveaux d’appui sans précédent et fonctionne en harmonie avec la suspension hydraulique RaceActive Chassis Control II (RCC II) et le monocoque ultra-rigide MonoCage III pour offrir une expérience incroyablement intensive sur un circuit.

Les chiffres annoncés sont hallucinants. Seulement 1198 kilos (poids à sec) sur la balance. Il est même possible d’opter pour des portières transparentes qui font baisser le poids. La motorisation 4.0 litres V8 biturbo, empruntée à la 720S, a été boosté et revendique désormais 800 chevaux pour 800 Nm de couple. Original, le bouton start se trouve au plafonnier. Le bloc est associé à une boîte double embrayage à sept rapports et à une transmission aux roues arrière.

McLaren ne livre malheureusement aucun chiffre concernant les performances mais elle devrait logiquement enterré une P1 GTR.

500 exemplaires de cette McLaren Senna seront assemblés à la main dans l’usine de Woking, à partir du troisième trimestre 2018 pour un tarif de 930000 euros HT. Les 500 sont déjà toutes vendues! Elle sera présentée en première mondiale sur le salon automobile de Genève, au mois de mars 2018.

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Configurez votre Lamborghini Urus!

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Lamborghini Urus

Vous bavez devant le nouveau SUV de Lamborghini? Il est grand tant de configurer le votre!

Avec le son d’un moteur typique de Lamborghini et les traits distinctifs combinant des caractéristiques de super sportive et de SUV, l’Urus promet au conducteur une conduite palpitante et unique. Le premier Super Sport Utility Vehicle.

À l’intérieur, le luxe fusionne avec la technologie de pointe. La conception aéronautique et le design des instruments axé sur le conducteur avec trois écrans TFT (un pour les instruments, un pour le système multimédia et un pour les fonctions de confort et le clavier virtuel avec reconnaissance de l’écriture manuscrite) placent les besoins du conducteur en premier et rendent la conduite plus confortable et agréable. L’architecture du tableau de bord suit le thème du « Y »

Pour ma part, j’ai choisi une config assez discrète. Tout est relatif vu les proportions de l’engin. Le configurateur se trouve ici.

Lamborghini Urus Lamborghini Urus Lamborghini UrusLamborghini Urus

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La Lamborghini Urus grogne en vidéo!

Urus est là, avec la puissance brute d’une supercar Lamborghini, et la polyvalence et la fonctionnalité d’un SUV. Design agressif, performance époustouflante: Urus veut rester une vraie Lamborghini.

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Urus est là, avec la puissance brute d’une supercar Lamborghini, et la polyvalence et la fonctionnalité d’un SUV. Design agressif, performance époustouflante: Urus veut rester une vraie Lamborghini.

Dans les rues, sur les sentiers, dans des conditions météorologiques difficiles: quel que soit le réglage, Urus promet de délivrer des émotions de Lamborghini pures, dans un confort absolu et en toute sécurité.

Urus: Un SSUV (Super SUV) capable d’ouvrir de nouvelles routes, de repousser les limites de la création de voitures.

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