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Essai BYD Dolphin : le grand bain

Voici donc la BYD Dolphin, dites bi-ouail-di et pas bide. Ce sont les initiales de Build Your Dreams : construisez vos rêves, en Anglais. Direction Paris et un parcours autour de Saint Germain en Laye pour découvrir cette nouvelle voiture provenant de Chine.

Qui est BYD?

Vous les avez peut être aperçu lors du dernier Mondial de l’automobile. En tout cas, si vous ne connaissez pas encore BYD, retenez bien ce nom. C’est un constructeur chinois qui existe depuis 1995. Son plus beau fait d’armes dans nos contrées: le bus rouge de Londres 100 % électrique. BYD arrive donc en Europe et en France aujourd’hui, avec quatre voitures électriques : la BYD Atto 3 (SUV du segment C), la BYD Han (berline du segment E) et le BYD Tang (SUV à 7 places du segment E). Et bientôt, la BYD Dolphin, une voiture à hayon du segment C.

Toujours est-il que BYD est une marque puissante. Premier constructeur en chine, numéro 2 mondial de la voiture électrique. La force de frappe semble énorme. En quelques chiffres, BYD c’est 70 000 ingénieurs, 40 000 dépôts de brevet, 19 brevets délivrés chaque jour et un contrôle total sur la production, puisque le constructeur fait tout lui même. BYD fournit même des batteries pour d’autres constructeurs, dont celles de la Tesla Model Y.

Bonjour la BYD Dolphin

La BYD Dolphin est une compacte chinoise de 4,29 mètres, 1,77 mètre de largeur et 1,57 mètre de hauteur. Son esthétique est pour le moins spécial. Le profil me rappelle le Z inversé des Hyundai. Les roues de 16″ (ou 17″) semblent bien petites avec un tel volume de carrosserie. On notera l’originalité des teintes proposées

La BYD Dolphin est le premier modèle de la série Océan et le premier à adopter le design Ocean Aesthetics de BYD. Le design de la voiture est même influencé par le dauphin, comme son nom l’indique. Parmi les rivales, on citera la Renault Megane E-Tech, la Volkswagen ID.3 et bien sur la MG 4.

Moteurs et finitions

La BYD Dolphin est disponible dans quatre finitions qui définissent son niveau d’équipements, son prix (logique) mais aussi son moteur et de ses batteries!

Vous remarquerez des tarifs très agressifs, ils sont hors bonus déduits.

BYD Dolphin Comfort

C’est la version Comfort que j’ai pu essayer. Grâce à sa batterie de 60,4 kWh et ses 204ch / 310 Nm, la BYD DOLPHIN peut accélérer de 0 à 100 km/h en seulement 7 secondes. La vitesse maximale est de 160 km/h. Les quatre modes de conduite comprennent Sport, Normal, Économie et Neige pour s’adapter aux différentes conditions de conduite et aux préférences. Je n’ai personnellement pas ressenti de différences entre chaque.

Pas de doute sur la maitrise des moteurs et des batteries. Sur le parcours routier proposée lors de cet essai et avec la climatisation enclenchée ( 33 degrés extérieurs ), j’ai pu constater une consommation de 14,9 kWh/100 km sur l’ordinateur de bord. Encore des chiffres pour les puissances de recharge: elle est de 88 kW au maximum. Rien de dérangeant pour une utilisation quotidienne, mais pour les réfractaires de l’électrique qui veulent se rassurer et recharger vite. Force est de constater qu’on fait mieux ailleurs: 130 kW théoriques pour la Megane et 170 kW pour la Volkswagen ID.3 Pro S restylée. En termes de temps, cela donne la BYD en 44 minutes pour passer de 10 à 80 %, à comparer aux 37 minutes revendiquées par la Renault par exemple.

A l’intérieur

Le coup de crayon à bord est tout aussi spécial qu’a l’extérieur. Le fabricant justifie son design par une inspiration marine, comme le nom de son modèle. On y retrouve ainsi une planche de bord en forme de vague ou des poignées de portes censées évoquer des ailerons d’animaux aquatiques.

En tout état de cause, la qualité de fabrication est à souligner ici, tout comme le choix des matériaux. Et si certains sont encore en plastique dur, ils font l’effort d’une texture simulant un textile. A vrai dire, c’est vraiment pas mal pour un modèle d’entrée de gamme. L’intérieur crème donne une jolie impression d’espace à bord. Son écran central motorisé, capable d’offrir au choix un format horizontal ou vertical.

Je suis surpris par l’aspect et la qualité des sièges sport. A noter qu’ils sont en cuir vegan. Ils sont aussi chauffants et réglables électriquement en six directions pour le conducteur et en quatre directions pour le passager avant.

Le chaud et le froid

La BYD Dolphin reçoit un chargeur à induction pour smartphone qui est surmonté par une sorte de cylindre en plastique façon aluminium. C’est surement le plus gros hic pour moi de cette planche de bord. On sent que ce n’est pas fou au toucher, et les fonctions sont un peu mélangées: la commande de transmission, les feux de détresse, le degré du freinage régénératif et les touches directes de climatisation.

Deux prises USB-C, dont une avec transmission des données, et une prise 12 volts complètent l’ensemble.

L’ergonomie n’est pas excellente, c’est un fait. Malgré tout, je suis agréablement surpris lorsque j’explore la tablette. Les graphismes sont sympas. Le GPS ressemble à celui de Google Maps Il provient en fait de l’entreprise Here. Pour le reste, il s’agit d’une interface Android à peine retouchée par BYD.

Dommage qu’il ne dispose d’aucun planificateur d’itinéraire à ce jour. En France, il y a certainement moins de points de recharge qu’en Chine, et cela reste bien pratique pour prévoir un trajet qui sort du quotidien.

Au volant de la BYD Dolphin

Jusqu’ici tout va bien, alors c’est parti au volant. La première surprise provient du bruit d’avertissement à destination des piétons, qui est ( pour une obscure raison ) diffusé dans l’habitacle à basse vitesse. Il est tout simplement horrible ( et apparemment il y en a un encore pire ). La deuxième survient lorsque je prends de la vitesse pour rejoindre le périphérique et mettent en évidence quelques incohérences.

Tout d’abord les pneus, ce sont des Linglong Comfort Master de 205/50 R17. Ils sont complétement dépassés par les 310 Nm de couple. Dire que j »étais sur le sec par temps (très) chaud, il est effrayant d’imaginer la même chose sur sol mouillé. Cette adhérence précaire est couplée avec une suspension surprenante. La Dolphin se révèle plutôt confortable sur route bosselée, mais le réglage trop souple de l’amortissement génère un comportement routier peu sûr, notamment lors des changements d’appui.

Avec la direction, on obtient le trio gagnant. Les remontées d’informations sont inexistantes, et lorsque vous le rythme s’accélère, il y a des remontées de couple. On ne sait pas où l’on pose les roues et le châssis se balade. Un réglage au niveau de l’amortissement et une monte pneumatique digne de ce nom mériterait d’arriver rapidement .

Comme sur une vague

La suspension aspirere les nids-de-poule et les grosses bosses, filtrant à peu près tout sans soucis. Ce qui est très bien si vous êtes en milieu urbain. Le revers de la médaille, c’est que la voiture sacrifie toute capacité de maniabilité pour cette souplesse. Il ne faut donc pas aller trop vite pour ne pas avoir de sueur froide. Un rond point? Attention au sous-virage excessif. Une bosse en virage? Le changement de carrossage mettra en défaut l’ensemble et déstabilisera l’auto. Il faudra chercher à calmer le jeu avant que les réactions ne s’amplifient comme des vagues et vous mettent littéralement en danger.

Je n’ai jamais chevauché de dauphin, mais c’est peut être ressemblant en termes de conduite. Bref, si vous ne le poussez pas dans ses retranchements (et peu de propriétaires le feront, je l’espère), tout ira bien. Espérons que BYD corrige vite le tir, ce qui est largement à la portée du constructeur.

Des aides à la conduite autoritaire

Arrive ensuite le sujet des aides à la conduite. Le système anticollision intervient à tort et à travers, notamment à l’approche d’un virage, en émettant un signal strident. Le maintien dans la voie agit avec beaucoup trop d’autorité, tandis que la lecture de panneaux se révèle totalement inefficace. Il déclenche l’alerte de survitesse, qui se traduit par un message vocal agaçant et répétitif.

Au programme également: Ping-pong entre les lignes, coup de volant si vous oubliez le clignotant ( ou le coupez trop tôt), un autre si vous voulez vous rabattre devant une voiture même en respectant les distance de sécurité, avertissements sonores dans tous les sens au moindre petit écart de conduite. Dès que l’on s’approche d’une ligne blanche, sans même la franchir, le système de maintien dans la voie vient nous mettre un violent coup de volant aussi surprenant que dangereux pour nous remettre dans la voie. Il faudra être exemplaire au volant.

Malheureusement, la BYD Dolphin agit aussi un peu comme son homonyme naturel dans le fait qu’elle siffle toujours, siffle et fait une sorte de bruit. Les systèmes avancés d’aide à la conduite sont incroyablement intrusifs, difficiles à désactiver et ne disparaissent pas complètement lorsque vous le faites.

Les prix de la BYD Dolphin

La BYD Dolphin arrive en Europe avec un prix abyssal (pour rester dans le thème aquatique) : bonus de 5 000 € déduit, comptez 23 990 € pour l’entrée de gamme dotée de 95 ch et d’une batterie de 45 kWh utiles. C’est surement la meilleure offre car le châssis devrait mieux vivre avec moins de puissance. Le modèle essayé ici s’affiche à 28 990 €. C’est 8000€ de moins que la Renault Megane E-Tech et 9000€ pour l’ID.3 !

La BYD Seal déjà là

BYD n’arrive pas en France les mains vides puisque le constructeur propose d’ores et déjà la commercialisation de cinq modèles full électriques. BYD proposera immédiatement une gamme élargie de véhicules 100 % électriques aux clients français.

Après avoir présenté trois véhicules électriques au Mondial de l’Automobile de Paris l’année dernière : le BYD Atto 3 (SUV du segment C), la BYD Han (berline du segment E) et le BYD Tang (SUV à 7 places du segment E). Il y aura ensuite cette BYD Dolphin. Enfin, la BYD Seal, une berline sportive et dynamique du segment D, devrait arriver après la période estivale.

Lors de cet essai, BYD présentait en statique cette fameuse Seal. Une berline impressionnante prête à débarquer sur nos routes. Design, puissance, autonomie. Elle augure une très jolie proposition.

Conclusion

Alors que penser de cette BYD Dolphin? Un design assumé. Une belle présentation et des matériaux valorisant à l’intérieur. A l’arrêt, cette compacte électrique est séduisante. Surtout à un tarif suffisamment bas pour faire flipper le marché européen.

Malheureusement, le comportement du châssis n’est pas adapté à nos routes. Si la souplesse sert le confort en ville à faible allure, les réactions au volant déroutent, au sens propre comme au figuré. J’espère que BYD sera assez réactif pour améliorer sa copie et proposer un véhicule beaucoup plus cohérent.

Notation

Design
5
Vie à bord
8
Performances
4
Plaisir de conduite
4
Tarif attractif
Consommation
Présentation intérieur
Comportement routier
Aides à la conduite
5.3

Fiche Technique de la BYD Dolphin
MOTEUR

Type : Électrique
Puissance maxi : 70 kW (Active) ou 130 kW (Boost) ou 150 kW (Comfort et Design)
Couple maxi : 310 Nm
TRANSMISSION
Traction
Boîte de vitesses : automatique
POIDS
Données constructeur à vide : 1658 kg
PERFORMANCES
Vitesse maxi : 160 km/h
0 à 100 km/h : 7″0 sec
CONSOMMATION
Batterie: 44.9 kW (Active et Boost) ou 60.4 kW (Comfort et Design)
Autonomie: 340 km (Active) ou 310 km (Boost) 427 km (Comfort et Design)

Photos de la BYD Dolphin

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