Visite de Renault Sport F1 Team à Enstone

Visiter les ateliers d’une écurie de F1 est un privilège et une opportunité incroyable pour n’importe quel passionné de sport auto. Renault Sport Formula One Team m’a permis de vivre ce rêve.

En 1977, Renault dispute sa première course en Formule 1. Dès 1979, Renault remporte sa première victoire lors du Grand Prix de France qui se tenait alors sur le circuit de Dijon-Prenois avec Jean-Pierre Jabouille. Et puis il y a eu l’ère du turbo… en 1981, Renault engage Alain Prost qui remporte neuf victoires, obtient dix pole positions et ne passe pas loin du titre mondial en 1983. Renault se retire du championnat à la fin de la saison 1985 et conserve son rôle de motoriste, permettant dans les années 1990 à Williams de remporter cinq titres des constructeurs et à Benetton de s’en adjuger un.

Le groupe français revient en tant que constructeur de châssis en 2002 après le rachat de l’écurie Benetton. Il obtient deux titres mondiaux des constructeurs en 2005 et 2006 ainsi que deux titres de champion du monde des pilotes avec Fernando Alonso.

Une nouvelle page s’est ouvert il y a 3 ans. En annonçant son retour en tant que constructeur à part entière fin 2015, Renault s’est fixé des objectifs ambitieux pour gagner de nouveaux trophées. Renault Sport Formula One Team déploie ses activités quotidiennes sur deux sites : Viry-Châtillon près de Paris pour le moteur et Enstone au Royaume-Uni  pour la partie châssis. C’est là bas que je me suis rendu.

En pleine expansion.

Mi-2018, 676 collaborateurs évoluent dans l’Oxfordshire. Ce chiffre représente une croissance de 50 % sur les trois dernières années et de 31 % par rapport aux campagnes victorieuses de 2005 et 2006. 446 employés vivent dans un rayon de 25 miles autour de l’usine. Outre la conception du châssis et les unités de production, Enstone englobe le développement et l’intégration des boîtes de vitesses, l’électronique, la recherche et le développement, la soufflerie, un simulateur de pilotage, des bureaux d’ingénierie, un atelier de peinture et la base de l’équipe de course.

Bureau d’études.

C’est l’un des plus gros secteurs d’Enstone et c’est un peu là que tout commence. Plus de 70 personnes participent au dessin du châssis dans le bureau d’études, il est divisé en différentes sections : conception de la transmission, conception mécanique, analyse des contraintes et Groupe de Performance du Véhicule (GPV). Cet espace ouvert est conçu sur mesure pour encourager l’interaction entre les différents sous-groupes.

L’ambiance y est particulièrement studieuse. Et pour cause, il faut près de 150 000 heures de travail et 19 000 dessins pour définir les 14 500 composants d’une voiture! Les employés du BE sont placés sous la direction de Martin Tolliday (chef designer) et Simon Virrill (chef adjoint au design), eux-mêmes dirigés par Nick Chester, directeur technique châssis.

La F1 répond à un cycle continu. Dès qu’une saison démarre, les plans et les dessins de la suivante commencent afin de devancer la concurrence. Le juste équilibre reste difficile à atteindre, la performance en piste étant tout aussi importante que les préparatifs de l’année suivante. On nous avoue qu’une écurie qui arrive avec la même voiture que la précédente course a déjà perdue. Cela montre à quel point la F1 est exigeante. On estime à quasiment 2 secondes le gain au tour entre le début et la fin de la saison.

La soufflerie.

La F1 est une discipline où l’aérodynamique tient une place très importante. Pour limiter les coûts, la FIA encadre le nombre d’essais, il y a même une caméra de surveillance. Une maquette à 60 % est placée sur une piste roulante face à un flux d’air fixé et restreint par la FIA à 50 mètres par seconde. Tous les éléments pouvant affecter la monoplace sont essayés en soufflerie, qui peut tester le tangage, le roulis, la hauteur de roulement, les appuis, la déformation des pneus et le système d’échappement afin d’examiner leur comportement et leur potentiel.

En 2017, la soufflerie d’Enstone a bénéficié d’une importante remise à niveau pour améliorer ladite piste et augmenter l’angle et la portée de lacet. Une maquette de monoplace reste cachée sous une bâche, il ne sera pas possible de la voir et pour cause: il s’agit de la RS19 pour l’année prochaine!

La mécanique des fluides numériques aide et révolutionne de manière significative ce processus de conception. Pour faire simple, il s’agit d’une soufflerie virtuelle où des superordinateurs dotés de logiciels de pointe permettent aux ingénieurs de simuler la complexité des flux à l’extérieur et à l’intérieur de la voiture à travers plus de 60 To de données par semaine. Situé sous terre, le centre CFD d’Enstone est pleinement opérationnel depuis 2008. De l’extérieur, il s’apparente à une colline, une architecture bien réfléchie afin de tenir compte des préoccupations environnementales.

Fabrication.

Le département de fabrication est chargé de réaliser les radiateurs, les échappements et d’autres petites pièces. Malgré les exigences d’une précision minutieuse, il n’y a pas meilleur moyen que d’y procéder manuellement.

Le système d’échappement est tout particulièrement soigné avec une épaisseur variant de 1,1 à 0,3 mm à sa sortie. Si une part importante est faite à la main, le reste se compose de titane imprimé en 3D. Les échappements sont conçus à partir de feuilles extrêmement fines d’Inconel, un alliage à haute teneur en nickel résistant à des températures élevées dans des environnements extrêmes où elles peuvent dépasser 1000°C, comme en Formule 1. Deux journées et demie sont nécessaires à deux personnes pour en fabriquer la majeure partie, mais la moindre erreur peut provoquer une perte de puissance, voire un abandon.

Conformément au règlement de la FIA, le poids minimum d’une F1 est aujourd’hui de 734 kg. L’objectif est donc de rendre la monoplace la plus légère possible, tout en tenant compte de la sécurité du pilote et des nombreux crash-tests auxquels il faut se soumettre. Du lest peut également être ajouté pour atteindre ce seuil légal et laisser davantage de libertés aux ingénieurs pour optimiser le centre de gravité de la voiture.

Les technologies d’usinage les plus avancées sont utilisées afin de produire plus de 50 000 éléments métalliques sur une saison. Les outillages fonctionnent 24 heures sur 24 tout au long de l’année. 20 machines CNC, EDM et GF composent le département d’Enstone et 90 % d’entre elles ont été renouvelées l’an passé.

Au cours de l’année précédente, deux nouvelles machines Breton 1500 Matrix Dynamics ont été installées à Enstone afin d’améliorer les châssis. La fabrication d’un châssis peut prendre jusqu’à cinq semaines de travail, mais la précision de ces machines permet de gagner 30 % de temps par rapport aux précédentes. Je n’avais jamais vu une aussi belle installation.

Production.

Le banc d’essais à sept vérins est une machine de torture pour F1. Rene Torcato raconte: « C’est un outil employé pour améliorer les performances de la voiture à travers la suspension. Nous pouvons reproduire le comportement de la monoplace sur le circuit dans l’environnement intégralement maîtrisé du laboratoire. Nous recevons généralement les données de l’équipe de piste après les essais libres du vendredi, nous prenons un tour en référence et nous l’appliquons sur le banc avec toutes les contraintes qui existent. Nous pouvons ainsi estimer l’impact des différents réglages et anticiper de nouveaux concepts tant pour la voiture actuelle que pour les futures. »

Simulateur.

Le simulateur joue un rôle crucial dans le développement. Utile aux pilotes, ingénieurs, designers et au Groupe de Performance du Véhicule (GPV), celui d’Enstone a été mis en service en 2011. Il dispose d’un modèle de la voiture conçu par l’équipe et des tracés fournis par R Factor Pro. Doté de cinq projecteurs haute définition, son système de direction offre une représentation et des sensations fidèles, notamment par rapport aux forces générées sur les pneus. La télémétrie est aussi précise que celle sur place et s’avère extrêmement importante dans la préparation d’un week-end. Les trois quarts de l’énergie consommée par le simulateur viennent de panneaux solaires pouvant produire 33 000 kWh par an.

Le simulateur tourne avec de vrais pilotes, que ce soit les pilotes officiels Niko Hulkenberg et Carlos Sainz, d’essais ( Jack Aitken et Artem Markelov ) et même les jeunes de la Renault Sport Academy comme le Français Victor Martins.

Il permet d’évaluer de nouvelles pièces, ajuster les réglages, le simulateur étant très proche de la réalité.

Salle des opérations.

La radio dans le garage, sur le muret des stands et dans le bureau d’ingénierie de la piste est reliée à la salle des opérations d’Enstone. Cette dernière a été mise pour la première fois en service en mai 2017. Elle comprend six écrans de 75 pouces, 24 postes de travail dotés de deux moniteurs de 24 pouces et un système radio de pointe similaire à celui sur le circuit.

Sur les voitures, on retrouve plus de 200 capteurs fournissant 150 000 mesures par seconde, dont l’enregistrement des températures, pressions et accélérations entre autres. Ces données en temps réel offrent 4 Mo d’informations par seconde, transmis au garage en quelques millièmes de seconde et à Enstone en un quart de seconde.

Celles-ci sont utilisées pendant un week-end de course pour évaluer les problèmes de la voiture, prévoir la stratégie, anticiper le moindre scénario et permettre aux équipes d’Enstone de mesurer précisément les performances de la monoplace et du pilote. On retrouve diffèrents types d’ingénieurs:

  • Les ingénieurs-performances, responsables des éléments liés au châssis, y compris l’acquisition de données, les réglages, la simulation et la prévision des performances.
  • Les ingénieurs-contrôle, qui s’assurent du fonctionnement de la boîte de vitesses, des départs, des surrégimes moteur et de la cartographie du freinage électrique.
  • Les ingénieurs-aérodynamiciens, qui s’occupent de tous les aspects aérodynamiques et font le lien avec le même département d’Enstone pour que la monoplace opère dans la bonne fenêtre d’exploitation.
  • Les ingénieurs-groupe propulseur, chargés de tous les paramètres ayant trait aux performances et à la sécurité du groupe propulseur.
  • Les ingénieurs-stratèges, dédiés à la stratégie et à l’analyse des concurrents. Ils évaluent les performances de l’équipe et de ses adversaires, les classent selon leur rythme et déterminent la quantité d’essence et les pneus. En qualifications, ils scrutent les temps couperets pour garantir le passage dans la séance suivante tout en surveillant l’évolution de la piste. La nuit avant le départ, ils étudient les différents scénarii et anticipent les réactions de l’écurie avant d’analyser les performances en temps réel et donner des conseils sur les fenêtres d’arrêt aux stands dès l’extinction des feux.

A vrai dire, on pourrait comparer aux salles de contrôle de la Nasa.

Un énorme merci à toutes les équipes Renault Sport Formula One Team qui ont tout mis en oeuvre pour nous faire passer une journée exceptionnelle et partager avec le sourire leur passion qui est aussi leur métier.

Photos de Renault Sport Formula One Team à Enstone

Force India roule en WyndyMilla

WyndyMilla reste fournisseur officiel de l’écurie de F1 Sahara Force India.

Le petit constructeur de vélo Italien fournira à l’équipe des vélos peints sur mesure pour les pilotes et une série de vélos pour les mécaniciens et le personnel. 2018 est la seconde année du partenariat. Chaque année, WyndyMilla crée des vélos Massive Attack AR sur mesure pour Sahara Force India et customise les livrées.

Les vélos sont utilisés par Esteban Ocon et Sergio Perez afin de découvrir la piste pendant les week-ends de course.

WyndyMilla et Sahara Force India se sont engagées dans la poursuite incessante de la haute performance avec des synergies trouvées sur la soufflerie et la R&D aérodynamique, la technologie de peinture et l’optimisation humaine. Le fondateur de WyndyMilla, Henry Furniss, conseille régulièrement les pilotes et le personnel sur la remise en forme, la nutrition et le bien-être.

A noter que le vélo est équipé du nouveau Pirelli P Zero Velo, une similitude que partage la F1 de Sahara Force India qui utilise des Pirelli P Zero.

Avant de travailler en partenariat avec Sahara Force India, WyndyMilla a également travaillé avec Manor Racing F1 Team. Le partenariat a permis à WyndyMilla de travailler avec les ingénieurs de Manor sur le développement des composites, l’analyse de la performance de la fibre de carbone et la personnalisation de l’outillage.

GP de France de F1 2018

Dimanche 24 juin 2018, j’étais au Castellet pour le retour du Grand Prix de France de Formule 1. Invité par Pirelli, j’ai vécu cette expérience en tant que spectateur dans les tribunes, avec un accès VIP dans les paddocks.

10 ans après l’ultime Grand Prix de France à Magny-Cours et 28 ans après la dernière édition sur le circuit du Castellet, ce retour de la Formule 1 en Provence est forcément historique.

Un weekend historique.

Le circuit Paul Ricard est reconnaissable à travers le monde grâce à ses bandes de couleurs rouges et bleues. Racheté en 1999 par Bernie Ecclestone, le circuit est modernisé à l’époque par Philippe Gurdjian qui impose de remplacer les bacs à gravier par ces bandes de grip de couleurs qui ralentissent les voitures lors des sorties de route et évitent ainsi de les endommager. Résultat, le Paul Ricard est reconnaissable à tous les autres circuits, et peut changer également plus facilement de tracé.

Pour la F1, les infrastructures autour du circuit ont poussé de partout: gradins, passerelles, et restauration rapide. J’en ai bien du mal à reconnaître le circuit mais une chose est sûre: ça en jette!

Le grand show.

Outre les formules de promotion, le show est assuré avant le départ. Au menu, la Patrouille de France et ses traînées bleu-blanc-rouge dans le ciel, l’arrivée du drapeau français à bord d’un hélicoptère Caïman, la démonstration de Franky Zapata, homme volant posé sur son Flyboard Air et le passage de deux Rafales à 500 km/h au-dessus du circuit.

Après la course, un concert de David Guetta est venu clôturer le weekend.

Une femme saoudienne fait l’histoire.

Depuis quelques semaines, les femmes ont le droit de conduire en Arabie Saoudite. Renault a permis à une Saoudienne, Aseel Al-Hamad, de prendre le volant d’une Formule 1 au Paul Ricard, une première.

« Depuis mon plus jeune âge, j’adore la course et le sport automobile. Être au volant d’une F1 dépasse mes espoirs et mes rêves les plus fous. C’est un véritable honneur de piloter l’E20 de Renault Sport Formula One Team devant le public de l’équipe au Grand Prix de France. Avec cette démonstration le jour même où les femmes peuvent conduire sur les routes du Royaume d’Arabie Saoudite, j’espère démontrer que tout est possible tant que l’on est passionné et que l’on peut rêver. »

Aseel Al-Hamad

Pirelli et le vélo

Alors que je me promène dans le paddock, je croise Simon Yates, qui a fait forte impression lors du Giro ( Tour d’Italie à vélo ) avant d’être rattrapé par Christopher Froome! Quelques minutes plus tard, Pirelli annonce le partenariat avec la formation Mitchelton-Scott pour la fourniture du nouveau P Zero Velo lors du Tour de France!

Simon Yates est alors habillé en tenue de course, et s’élance pour un tour du Paul Ricard … à vélo! Il en profite pour signer le record du Castellet en couvrant les 5 842 mètres en 7’25 « !

Les qualifications.

Parmi les faits marquants de ces qualifications, je retiens l’élimination dès la Q1 de Fernando Alonso. A peine 1 semaine après avoir gagné les 24H du Mans, l’Espagnol retrouve le calvaire au volant de sa McLaren.

Aux termes de la Q2, Pierre Gasly et Sebastien Ocon font partis des éliminés tandis que Romain Grosjean et Charles Leclerc sur sa modeste Sauber Alfa Romeo parviennent en Q3! Une Q3 qui verra Grosjean finir dans le rail et une superbe 8eme place de Leclerc.

Hamilton, magistral, ne laisse rien aux autres et signe la pole, la 75e de sa carrière.

Un départ catastrophique.

Parmi les trois pilotes Français, un seul a survécu au départ. Cette image décrit assez bien ce départ… Vettel a perdu son aileron, c’est lui qui percute en premier Bottas, il écopera d’une pénalité plus tard. Gasly et Ocon abandonnent dans ce capharnaüm. Catastrophe pour les Français !

Hamilton magistrale, Vettel cravache!

La remontée de Sebastian Vettel lui a permis d’être élu pilote de la course au Paul Ricard. Après avoir changé d’aileron avant, il a réussi à remonter jusqu’au cinquième rang. Il a reçu 18% des voix. Max Verstappen est arrivé deuxième de la course et du vote, avec 17%. Kimi Räikkönen est troisième, comme en course, avec 15%.

Lewis Hamilton a passé l’intégralité de la course en tête. Il profite de ce succès pour reprendre la tête du championnat.

Presque parfait.

Le retour du GP de France aurait pu frôler la perfection. Mais hélas le soulèvement sur les réseaux sociaux de spectateurs mécontents à pointer du doigt l’un des gros soucis du circuit: son accessibilité! Personnellement, j’ai eu la chance de ne pas être touché par les bouchons, ce qui n’est pas forcément le cas des 65000 spectateurs présents!

Cela reste un très bel événement à ne pas manquer pour tout amateur de sport automobile!

// Merci à Pirelli France pour l'invitation!

Rencontre avec Renault Sport F1 Team

Direction Barcelone pour les essais F1 de présaison.

Il fait beau, cela peut paraître stupide mais la semaine dernière, il neigeait! Hélas, Pirelli ne prévoit pas encore de pneus neige dans ses compositions de pneus pour F1, et les équipes ont du attendre le retour du soleil avant de pouvoir appréhender leurs nouvelles monoplaces. C’est le cas de Renault et des deux pilotes: Nico Hulkenberg et Carlos Sainz.

L’atmosphère est studieuse, tout en étant décontractée. On est loin de la pression d’un weekend de course. Malgré tout, cela reste de la F1 avec ses petits secrets, et je ne vais pas vous montrer tout l’envers du décor pour des raisons évidentes de confidentialité, ni le moment où j’ai vu la Renault F1 RS18 à nue (réservé aux adultes). C’est tout simplement une merveille de technologie, de compacité, et d’ingéniosité.

Quoiqu’il en soit après 2 semaines d’essais, on ne tire pas de plan sur la comète chez Renault Sport F1 sur la saison à venir et ses vingt et un grand prix. Cette année et contrairement à l’an passé où Renault a terminé 6ème du classement constructeur, pas d’objectif.

Lors de cette journée, j’ai pu rencontrer Carlos Sainz, le pilote Espagnol est tout aussi sympathique que son homologue Allemand, Nico Hulkenberg. Je trouve que c’est important de le signaler, car on a tous en tête une image élitiste de la F1 et de ses pilotes inaccessibles. Il est vrai que la F1 reste le top du sport automobile, mais les nouveaux propriétaires de la F1 veulent en faire un sport plus accessible pour le commun des mortels.

Quelques questions à Carlos Sainz

Peux tu nous parler de la saison à venir et de la RS18?

Je pense que la saison va bien se passer. Je suis content avec la voiture, elle est rapide, et avec le travail de Renault, elle va s’améliorer au cours de la saison. Mais en F1, c’est toujours la même histoire: Tant que vous n’êtes pas à la première course vous ne savez pas ou vous vous situez.

Est ce que tu es confiant pour faire un podium cette année?

Un podium cette année ne fait pas partie de mes objectifs. L’objectif est d’être le plus proche possible des leaders. Le podium en F1 signifie de battre les 3 top teams que sont RedBull, Mercedes et Ferrari. Les 6 premières places sont donc déjà prises.

Est ce que tu sens que Renault va devenir un top team?

Le team grossit énormément, c’est le résultat d’un investissement. Nous sommes ceux qui se développent le plus vite en ce moment en F1, et cela veut dire que les choses vont dans le bon sens et je suis très confiant que Renault gagnera à nous le championnat du monde.

Donc tu es à la bonne place pour le futur?

Je le pense. Le team évolue petit à petit, il n’y a pas d’urgence, de précipitation.

Pour parler du Halo, te sens-tu plus en sécurité dans la voiture?

Non je ne me sens pas plus en sécurité, en même temps je n’y fais pas attention, car je ne le vois pas quand je pilote. C’est juste plus compliqué de rentrer ou sortir de la voiture.

Quelques questions à Nico Hulkenberg

Comment te sens tu avec la voiture? Es-tu heureux pour le moment?

Je suis très heureux avec la voiture. Je pense que ces deux semaines de tests ont été très bonnes pour nous. Nous avons beaucoup roulé et nous avons beaucoup appris sur la voiture et sur les pneus. Je pense que notre niveau de performance n’est pas mauvais mais nous avons encore du travail pour améliorer certaines choses.

Vous serez prêt pour Melbourne?

Nous devons l’être comme tout le monde. Oui nous sommes prêt! Si l’on devait comparer par rapport à l’année précédente, nous sommes en bien meilleure position, on a une bonne base et le team se développe dans le bon sens. Je suis confiant.

Est ce que ressens les différences au volant entre la RS17 et la RS18?

Cette année, la voiture a plus d’appuis donc plus de grip. Mais ils viennent de refaire la piste de Barcelone donc elle offre aussi plus de grip. C’est donc pour le moment difficile de ressentir toutes les différences.

Est ce que tu te sens plus en sécurité avec le Halo?

Je ne me suis jamais senti en danger. Le Halo ne change pas grand chose pour moi, cela n’affecte pas ma vision, je ne me sens pas moins bon ou meilleur avec. C’est transparent.

Si tu devais piloter la F1 de tes rêves, que modifierais tu dessus?

Vous voulez toujours plus de puissance, plus de vitesse, une voiture plus rapide. Cette génération de F1 est déjà très rapide, le V6 hybride est impressionnant. Le seul point négatif est le poids. Avec l’hybridation, la taille de la voiture, les gros pneus, elles deviennent un peu lourdes.

Il y a quelques années tu as gagné les 24H du Mans, cette année Fernando Alonso y participe, est ce que tu as prévu d’y revenir?

Aujourd’hui, à ce jour, non. Mais je ne dis pas non plus: non plus jamais. Pour le moment je me concentre avec Renault, à réussir ce projet en Formule 1. Peut être dans quelques années, après ma carrière en F1, mais pour le moment je n’y pense pas.

Il reste désormais deux semaines avant le GP d’Australie à Melbourne qui ouvrira la saison de F1. Bonne chance à Renault pour cette nouvelle saison!

Renault Sport F1 Team réalisera ce dimanche sur la Promenade des Anglais à Nice, une démonstration avec deux monoplaces historiques de l’écurie. Alain Prost sera au volant de la RE40 de 1983, alors que Nico Hülkenberg pilotera la Lotus-Renault de 2012. Cette démonstration préfigure le F1 Live qui doit être organisé à Marseille en préambule du prochain Grand Prix de France.

// Merci à Renault Sport F1 Team pour l'invitation.

Toro Rosso présente sa STR13

Toro Rosso n’a pas le même succès que son grand frère RedBull, mais elle a le mérite d’exister et présente sa nouvelle monoplace STR13.

La petite écurie a l’habitude de changer régulièrement de motoriste, cette année, elle fera équipe avec Honda. McLaren a souvent mis en avant des difficultés de communication avec Honda et un manque de culture de la F1 du côté du constructeur japonais ces trois dernières années.Toro Rosso semble avoir fait le nécessaire pour mettre en place une bonne communication avec son nouveau partenaire. L’équipe a organisé des séminaires pour permettre à ses employés de découvrir la façon de communiquer au Japon.

« Nous nous sommes préparés pour cette coopération, nous avons appris comment communiquer avec des entreprises japonaises et avec Honda, et je pense que c’était utile de découvrir leur façon de penser, parce que c’est une culture très différente. Ces séminaires ont été très positifs et nous avons une très bonne relation avec Honda. »

Franz Tost, patron de Toro Rosso.

Toro Rosso penche pour la continuité avec sa STR13. Le principal changement se situe sur la face avant, avec un nez beaucoup plus large que l’année dernière.

Le Français Pierre Gasly, champion GP2 en 2016, et l’Australien Brendon Hartley, transfuge de Porsche en endurance, seront les pilotes 2018.

La Mercedes F1 W09 EQ Power+ est la voiture à battre

Selon Mercedes, la toute nouvelle F1 W09 EQ Power + est supérieure à l’ancienne dans tous les domaines et devrait améliorer les records de l’an dernier sur la piste, devenant ainsi la voiture Mercedes F1 la plus rapide de l’histoire. Voilà de quoi mettre une pression supplémentaire sur le monde de la F1, toujours incapable de menacer Mercedes dans sa conquête de titres.

Mercedes conserve un nez très fin. Le halo a été peint en noir et les lignes de Petronas, le sponsor-titre de Mercedes, changent légèrement sur les côtés de la voiture. Côté sponsors, Tommy Hilfiger remplace Hugo Boss.

« C’est toujours un moment passionnant parce que ce qui a été dessiné prend forme et prend vie. Tout ne se passe pas sans heurts quand on essaie de repousser les limites. Je dirais que nous avons eu un bon hiver, sans vrais soucis. Mais toute l’équipe a énormément travaillé. Nous apprécions certains traits de caractère de notre diva. La W08 était la voiture la plus rapide de la grille, c’est celle qui a décroché le plus de poles et gagné le plus de courses l’an dernier. Donc nous avons fait attention à ne pas perdre les nombreuses forces de la voiture, juste pour éliminer les faiblesses. »
Toto Wolff, directeur de l’équipe

Mercedes a remporté les quatre derniers titres mais le changement de règlement, l’an dernier, a remis Ferrari dans la course.

La voiture de l’an dernier était fantastique mais il y avait des choses à améliorer. Cette voiture partage son ADN avec la voiture de l’an dernier, c’est sa voiture soeur. Elle est meilleure dans tous les domaines. L’apparence est similaire mais en dessous, tout a été affiné. L’an dernier, il y a des courses où nous avions des difficultés. Comprendre ces difficultés a été au cœur de nos objectifs. »

Lewis Hamilton

Lewis Hamilton et Valtteri Bottas sont tous les deux sous contrat jusqu’à la fin de l’année.

Ferrari présente sa SF71H

Ferrari a présenté hier à Maranello sa nouvelle F1 pour la saison 2018.

Au-delà des changements aérodynamiques évidents sur la nouvelle F1 de Ferrari, le constructeur a également prolongé l’empattement du véhicule, similaire à ce que Mercedes a utilisé avec succès tout au long de la saison de championnat 2017.

La SF71H, que piloteront Sebastian Vettel et Kimi Räikkönen en 2018, arbore la traditionnelle livrée rouge de la Scuderia, avec un seul liseret blanc accueillant les couleurs du drapeau italien sur la crête, désormais réduite, placée sur le capot moteur. On note l’absence de Santander. On remarquera des changements comme l’absence de la marque Santander et bien sûr, le dispositif de protection de cockpit halo très controversé. Celui ci est orné avec un petit élément aérodynamique, quelque chose que ni Mercedes ni Red Bull Racing ont fait (pour le moment). Au niveau suspension, un système à poussoir à l’avant et à tirant à l’arrière est reconduit avec des évolutions de leur conception.

Principale rivale de Mercedes en 2017, la stabilité du règlement technique a incité Ferrari à s’appuyer sur les atouts de son précédent châssis tout en améliorant ses points faibles.

« La voiture 2017 était très performante sur les circuits lents. Nous avons tenté de rendre sa successeur plus forte sur les tracés rapides. La fiabilité a également été au cœur de nos préoccupations. »

Mattia Binotto, directeur technique de la Scuderia.

Dix ans après son dernier titre mondial, Ferrari espère que sa nouvelle monture optimisée, qui arbore également un T-wing en position basse à l’arrière, lui permettra de retrouver enfin les sommets.

La McLaren MCL33 doit retrouver le succès

Avec un nouveau look et l’arrivée du moteur Renault, McLaren espère que sa nouvelle F1, la MCL33, remédiera à retrouver le succès dans l’ère de l’hybride turbo. C’est la première McLaren à être propulsée par un moteur Renault, la MCL33 marque le nouveau départ de l’équipe britannique après trois années catastrophiques avec des moteurs Honda.

Visuellement, elle est très proche de la monoplace de la saison passée sauf qu’elle adopte une livrée Orange Papaya et bleue inaugurée il y a 50 ans par Bruce McLaren sur ses monoplaces.

« Le retour à la livrée papaye n’est pas qu’une décision émotionnelle, il démontre que nous écoutons nos supporters, et que nous créons un lien plus fort avec eux et la communauté de la Formule 1 dans son ensemble. »

Zak Brown, directeur général de McLaren.

McLaren a souvent mis en avant les qualités de son châssis l’an dernier. Il devrait garder ses qualités et évoluer en cours de saison.

« Nous ne nous faisons aucune illusion, nous savons que mettre fin à l’hégémonie des leaders sera difficile, et que le milieu de plateau est rempli d’équipes bien financées et expérimentées. Nous faisons face à ce défi avec humilité, mais nous sentons que nous sommes prêts, nous avons un package solide que nous pourrons exploiter pendant la saison, et nous avons deux excellents pilotes qui feront la différence en course. »

Eric Boullier, Responsable de la compétition.

Bien décidé à en découdre après une saison 2017 toujours aussi frustrante, Fernando Alonso aura encore le Belge Stoffel Vandoorne en coéquipier. Il fonde beaucoup d’espoirs dans cette nouvelle aventure. Chose important, Alonso aura un double programme en 2018 puisqu’il disputera aussi la saison du WEC, dont les 24 Heures du Mans, avec Toyota.

Renault compte faire mieux avec la RS18

La Renault RS18 a été dévoilée. La nouvelle F1 de Renault est de moins en moins, pour 2018, seuls le nez et des lignes conservent la couleur historique. Le halo est noir, avec le logo de Renault Sport sur le sommet. Le drapeau tricolore s’invite sur le museau, et ça c’est chouette!

L’équipe conserve Nico Hülkenberg, arrivé il y a un an, et Carlos Sainz, qui a remplacé Jolyon Palmer pendant la saison 2017. Jack Aitken devient pilote de réserve.

« Notre principal objectif est de poursuivre notre progression sur le plan des résultats. Nous voulons pouvoir démontrer nos progrès à tous les niveaux : groupe propulseur, châssis, structure opérationnelle, pilotes. Tout doit s’améliorer et nous devons continuer de grandir. Nous souhaitons le démontrer de différentes manières : par rapport à nos concurrents directs, à l’écart nous séparant des leaders, sans oublier nos fans et le respect que notre équipe inspirera avec son comportement en piste et en dehors. »

Cyril Abiteboul, directeur général de Renault Sport Racing.

Côté sponsors, le Groupe BP, qui fournit le carburant via la marque BP et les lubrifiants via la marque Castrol, a renforcé son partenariat. L’assureur MAPFRE prend une place plus importante, sur le nez et le côté de la monoplace. Tmall, une filiale du géant de l’e-commerce Alibaba, fait son apparition avec son emblématique chat, sur le nez.

En quête de performances, Renault renforce ses usines châssis, avec des outils modernisés et plus de 100 recrues, et moteur, avec un nouveau bâtiment bientôt en construction.

« Nous disposons d’un nouveau supercalculateur CFD à la pointe de la technologie. Notre soufflerie a également reçu une mise à jour importante l’an passé. Le nouveau banc de boîte de vitesses sera opérationnel avant le début de la saison. Ces trois éléments nous offrent un énorme potentiel. »

Bob Bell, directeur technique

L’usine moteur subit moins de chamboulements.

« La stabilité de Viry offre une plateforme sur laquelle nous pouvons nous appuyer dans notre progression. Nous y avons une équipe rationalisée, dotée d’une gestion et de pratiques efficaces. Cela nous permet de produire des groupes propulseurs à même de s’imposer. Le plus beau témoignage de la qualité de notre moteur est le choix fait par Red Bull Racing et McLaren. »

Cyril Abiteboul, directeur général de Renault Sport Racing.

Renault va cependant faire évoluer cette usine également.

« Viry dispose d’un plan à long terme. Nous assisterons bientôt à des changements plus importants. Viry dans un premier temps s’est concentré sur les détails et des améliorations spécifiques. Cela étant, Viry est constitué de trois bâtiments qui ont respectivement vingt, trente et quarante ans. Nous devons donc nous assurer d’en faire un lieu de travail performant et agréable pour nos employés. Nous procédons à des mises à niveau et un nouveau bâtiment verra le jour en 2019 pour que nous soyons à la hauteur des enjeux et aux standards de la Formule 1. Nous voulons entrer dans une nouvelle ère et nous aspirons à voir nos usines être conformes aux dernières normes. Comme tout sport, la F1 continuera d’évoluer et nous devons faire pareil. »

Rémi Taffin, directeur technique moteur

L’équipe a pris la neuvième place du championnat en 2016 et la sixième en 2017. Pour 2018, Renault n’annonce pas d’objectif précis, autre que de progresser.

Alfa Romeo Sauber présente la C37

L’équipe désormais baptisée Alfa Romeo Sauber F1 Team a dévoilé sa monture pour la saison 2018 de Formule 1. A noter que cela faisait 30 ans que l’on n’avait pas vu Alfa en F1!

Comme le préfigurait la monoplace utilisée lors d’une conférence de presse en décembre, la déco est composée de blanc et de rouge profond, agrémenté d’une touche de bleu marine. Peu de sponsors sont inscrits sur la carosserie, si ce n’est le nouveau partenariat avec Richard Mille.

La C37 sera pilotée par le Français et rookie Charles Leclerc, champion sortant de la Formule 2, et le Suédois Marcus Ericsson, toujours aussi discret dans ses résultats.

« Je suis convaincue que Marcus et Charles forment la paire idéale, avec un pilote expérimenté et un débutant prometteur. Marcus est un pièce-clé de notre équipe, et nous bénéficions de son expérience et ses retours techniques très précis. Charles a quant à lui prouvé sa valeur dans les catégories inférieures et mérite amplement sa place. Notre objectif pour 2018 est clair : il faut rattraper le peloton et continuer d’améliorer notre performance tout au long de l’année. »

Frédéric Vasseur, Team Principal

Visuellement, les entrées d’air latérales ont été grandement modifiées par rapport à la C36. On note l’apparition d’une petite ouverture au-dessus de l’entrée classique. L’emplacement de la boîte à air sur le capot moteur à été reculé et se trouve à présent derrière le montant central. On notera aussi un travail aéro sur le halo. Le moteur est toujours fourni par Ferrari, Alfa Romeo Sauber n’aura plus à faire avec le Power unit de l’année précédente comme ce fut le cas l’année dernière. Cela pourrait faire une énorme différence pour l’équipe qui a terminé dernière au championnat de l’an dernier, surtout par rapport à Haas, l’autre client de Ferrari.

« La philosophie de la C37 est considérablement différente de la C36 de 2017. Le concept aéro a bien évolué, et la C37 possède plusieurs appendices en plus par rapport à la C36. Nous sommes confiants, ce nouveau concept doit nous offrir plus d’opportunités. Le bloc moteur Ferrari version 2018 devrait aussi apporter un coup de boost sur la performance. »

Jörg Zander, directeur technique d’Alfa Romeo Sauber

L’équipe Suisse pourrait peut être créer la surprise en 2018, en tout cas, elle ne peut pas faire pire.

Quitter la version mobile