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Reportage

Michelin Track Connect, comment ça marche?

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Michelin Trackconnect

Michelin nous a convié sur le circuit d’Andalucia dans le sud de l’Espagne pour tester sa nouvelle solution innovante: Michelin Track Connect .

Track Connect qu’est ce c’est?

Track Connect est la première offre pneu connecté du marché pour enrichir les expériences de conduite sur circuit. Il s’agit d’un pack de 4 capteurs, d’un récepteur et d’une application mobile.

Michelin Track Connect

Pour utiliser les capteurs, il vous faut des pneus Michelin Pilot Sport Cup 2 Connect dans lesquels un installateur agréé viendra placer les capteurs. Pour l’instant, la gamme ne proposera que 11 dimensions ( Cela couvre déjà l’ensemble des sportives récentes comme les Porsche 911, Ferrari 458 et 488, Renault Megane RS, Ford Focus RS…) :

LARGEUR HAUTEUR DIAMÈTRE CHARGE VITESSE SPÉCIFICATION
235 35 R19 91 ZR(Y) XL E C 71 dB
235 40 R18 95 ZR(Y) XL E C 71 dB
245 35 R19 93 ZR(Y) XL E C 70 dB
245 35 R20 95 ZR(Y) XL F C 71 dB
265 35 R20 99 ZR(Y) XL E C 73 dB
295 30 R18 98 ZR(Y) XL E C 73 dB
295 30 R20 101 ZR(Y) XL E C 73 dB
305 30 R19 102 ZR(Y) XL E C 73 dB
305 30 R20 103 ZR(Y) XL E C 73 dB
325 40 R19 105 ZR(Y) XL E C 73 dB
325 30 R21 108 ZR(Y) XL E C 73 dB

Michelin Trackconnect

Une fois les capteurs installés, le récepteur s’occupera d’envoyer les signaux à l’application Track Connect installée sur votre smartphone. L’application fonctionne aussi bien sur iOS que sur Android. Michelin fournit 2 câbles USB de longueurs différentes, un allume cigare pour alimenter le récepteur ( qui ne fonctionne pas sur batterie ) et un support ventouse pour le smartphone de bonne qualité.

Michelin Trackconnect

L’Application Track Connect

Michelin a voulu une application simple d’utilisation. Après s’être enregistré, le menu se présente comme suit:

  • MES RUNS permet au pilote de consulter son historique et de retrouver toutes les informations relatives à ses séances de roulage passées. Ses sessions sont classées par circuit.
  • LES CIRCUITS lui permet de retrouver des informations sur les différents circuits pré- chargés dans l’App. Il peut aussi demander à être guidé jusqu’au circuit qui l’intéresse depuis ce menu.
  • MON GARAGE lui permet de déclarer et de configurer son ou ses véhicules équipés des pneus Michelin Pilot Sport Cup2 Connect.
  • MON PROFIL répertorie les informations relatives à son compte, à la version de l’App qu’il utilise et lui permet d’échanger directement avec les équipes Michelin.
  • Le bouton START l’invite à démarrer son expérience de roulage connecté.

La première étape est donc de configurer son véhicule. Puis d’appareiller le récepteur à l’application. Tout s’effectue rapidement et c’est parfaitement fluide. Ensuite on choisit un circuit, ils sont classés selon votre choix par proximité ou par ordre alphabétique. Voilà, on est prêt.

Place à la pratique

Je suis donc sur le circuit d’Andalucia en Espagne. Fraîchement terminé, il a été spécialement créé par Tito Rabat, champion du Monde MOTO 2, c’est en somme sa nouvelle piste d’entrainement pour être au top en Moto GP. Le tracé est l’addition de tous les virages qu’il déteste… tout l’inverse du circuit d’Ascari en somme. Un circuit horrible? Pas du tout, avec 14 virages et du dénivelé avec 4 changements de niveaux et 10 à 12 m de largeur de piste, une ligne droite de 700m vallonnée à la façon d’un gros circuit Italien bien connu… et un cadre idyllique puisqu’il est situé au cœur du désert d’Almeria, ce circuit est une pure merveille!

Le choix du jouet est aussi compliqué que le circuit est beau: Porsche 911 GT3, Porsche 911 Carrera S ou Ferrari 488 GTB… Merci Michelin pour ce beau plateau! Après avoir apprivoisé le circuit (c’est un bien grand mot) dans la GT3 à grand coup d’excès d’optimiste (et de volant), c’est à bord de la Carrera S que je découvre Track Connect.

Michelin Trackconnect

C’est encore une fois très fluide et très intuitif. Michelin Track Connect me donne en temps réel les informations de pression et de température de chacun des quatre pneus du véhicule. J’appuie sur Go! et c’est parti!

Les tours s’enchaînent, l’application me donne mes temps, et un dong retentit à chaque passage sur la ligne: signe que j’améliore mes chronos! Mais l’auto est de plus en plus joueuse du train arrière. Un rapide coup d’œil sur le tél m’indique que les pneus du train arrière sont dans le rouge. Oups. je continue, et là c’est l’avant qui s’y met. Cette fois ci, tout est dans le rouge. Il est temps de rentrer aux stands.

Michelin Trackconnect

Que s’est il passé? C’est très simple, les pressions constructeurs pour un pneu sont données pour une utilisation sur route et par tout temps. C’est donc un compromis. Sur circuit, le pneu chauffe beaucoup plus, la pression monte, ce qui a tendance à « arrondir » le pneu et réduire la surface de contact. Moins de contact = moins de grip, moins de grip = moins rapide. Cela provoque également une usure prématurée du pneu.

Michelin Trackconnect

Une fois que j’ai appuyé sur Stop, l’application me recommande de baisser mes pressions précisément pneu par pneu. Pour une analyse plus fine, l’ensemble de ces informations est stocké et accessible a posteriori. C’est reparti pour un second run?

Je m’élance à nouveau et là surprise. La Porsche n’a plus rien à voir, le grip est présent, le train avant à gagner en pouvoir directionnel et les temps tombent! En dégonflant le pneu, on a « aplati » la surface de contact de manière optimale grâce au recommandation de l’application. Mais surtout grâce au travail des ingénieurs Michelin qui connaissent les pressions optimales de leurs pneumatiques pour chaque voiture.

Michelin Trackconnect

Une solution brevetée

En usage intensif sur circuit, les freins sont fortement sollicités et transmettent une grande quantité de chaleur aux jantes. Ce phénomène peut perturber des mesures de pression par la valve et rendre les ajustements moins précis, pour cette raison, Michelin a choisi un capteur fixé à l’intérieur du pneu pour s’assurer d’avoir un accès fiable et précis à la température du pneu. Cette position du capteur dans le pneu a été brevetée. Ces capteurs transmettent les informations à un récepteur placé à l’intérieur du véhicule ne nécessitant aucune intervention professionnelle et aucun outil.

Michelin Trackconnect

Pourquoi c’est l’objet indispensable pour les trackdays?

Michelin Track Connect préconise les pressions en fonction de la météo, du véhicule, de la température et surtout du style de conduite. C’est comme avoir un ingénieur Michelin à disposition dans sa voiture. Le rêve?

A la fin de cette journée, il est clair que Michelin Track Connect est la solution indispensable pour les pilotes amateurs qui participent régulièrement sur des trackdays. Simple et facile d’usage, il permettra aux passionnés d’optimiser leur sortie circuit et de prendre encore plus de plaisir.

Une solution développée avec une coopération externe innovante dans l’esprit de la French Tech. En plus du savoir faire de Michelin, Exotics Systems s’est occupé du récepteur et Openium de l’application mobile (Cocorico). Pour le prix, il faudra compter 400€ pour le kit Michelin Track Connect (hors pose et hors pneus). Pour en savoir plus ça se passe ici.

Michelin Trackconnect

// Merci Michelin France pour l'invitation.

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The Land Rover Shelter experience

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Cet été, Land Rover, partenaire officiel de la Plagne, installe ces shelters, hébergements insolites issus des grandes expéditions polaires.

Vous aimez l’aventure? La nature? Le calme et les vues imprenables. The Land Rover Shelter experience est fait pour vous!

Qu’est-ce qu’un shelter ?

Derrière ce mot anglais, que l’on traduit par abri, se cachent en fait des conteneurs de survie utilisés lors d’expéditions polaires. Notamment celles de Paul-Émile Victor. Explorateur polaire, scientifique, ethnologue et écrivain français, il fut le fondateur et le patron des expéditions polaires françaises durant 29 ans. Plus tard, ces conteneurs furent notamment utilisés par l’armée en tant que postes d’observation.

En 2015, l’agence AZO acquiert deux shelters et décide de leur donner une seconde vie. AZO les réaménage pour en faire des hébergements insolites, qu’elle installe à proximité du refuge qu’elle exploite également : Refuge Là Haut à 1 830 mètres d’altitude. Ces shelters décorés dans une ambiance cosy offrent un panorama d’exception sur le lac d’Annecy et le Mont-Blanc.

En 2018, appuyée par Land Rover et en partenariat avec la station de La Plagne, l’agence acquiert deux nouveaux shelters et les réaménage dans l’esprit de la firme anglaise.

C’est où?

Installés près de la Roche de Mia, à 2 600 mètres d’altitude, ces shelters accueillent les aventuriers qui cherchent à vivre une expérience unique, avec la chaîne des Alpes et le Mont-Blanc comme seuls voisins.

Et l’auto?

Quelle est la place de l’automobile dans tout ça? Et bien c’est assez simple. Pour se rendre tout en haut, c’est l’occasion d’essayer un ou plusieurs véhicules de la gamme Land Rover. C’est ainsi que je me suis fais surprendre par l’efficacité d’un Range Rover Velar en hors piste mais aussi vite compris que le plus efficace dans ces conditions resté le Discovery.

Une expérience 4×4 qui reste à chaque fois une véritable découverte pour moi.

C’est bien?

C’est le pied! Que ce soit la « route » pour atteindre les shelters ou le refuge Là Haut que la situation des abris. En pleine nature, c’est un plaisir de s’endormir au milieu de la forêt et encore plus de s’y réveiller!

Je veux y aller!

L’aventure continue en hiver. Evidemment, il faut être un peu plus couvert mais l’expérience reste exceptionnelle!

Infos et réservations au 06 17 69 91 02

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Découverte des pneus été Kleber Dynaxer UHP et HP4

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Après 2 ans de développement, Kleber, marque du groupe Michelin depuis 1981, présente ses nouveaux pneus été : les Kleber Dynaxer UHP et Kleber Dynaxer HP4. Je suis allé découvrir ces pneus, la marque et les hommes qui la font dans le sud de la France. Plus précisément sur la piste d’essai de Fontange.

Pour anecdote, la construction de ce site d’essais a débuté en 1987 pour s’achever en 1990. Ce fut à l’origine une centre de test pour les pneus Kleber, pour ensuite être utilisé par l’ensemble des marques du Groupe Michelin. Le site comprenant différentes pistes s’étend sur 56 hectares. 8 pistes d’essais sur une longueur totale de 7 km permettent de réaliser des tests d’adhérence sur sol sec et mouillé, des tests de bruit, de confort et de freinage.

Découverte de la marque Kleber

La marque Kleber, fondée en 1910, a une longue histoire puisque centenaire. A l’occasion de cette journée de la présentation et des essais des nouveaux pneus Kleber Dynaxer HP4 et Kleber Dynaxer UHP, la marque française appartenant au Groupe Michelin depuis 1981 a d’ailleurs mis l’accent sur son histoire et son positionnement.

L’objectif fondamental de Kleber est de pouvoir gagner des parts de marché en affichant les valeurs de l’entreprise. Les nouveaux pneus Kleber allient performance et durabilité, avec un haut niveau d’adhérence. Dans ce sens, Kleber propose l’offre Trust : 30 jours 100 % satisfait ou remboursé.

Le terrain de prédilection de Kleber est la sécurité avec une excellente tenue de route sur sols mouillés et un excellent rapport qualité prix. Les nouveaux pneus Kleber Dynaxer UHP et Kleber Dynaxer HP4 ne dérogent pas à cette réputation et vont encore plus loin dans l’amélioration de leurs performances par rapport à la génération précédente, le Kleber Dynaxer HP3.

Cette nouvelle gamme présente des performances encore améliorées sur routes mouillées avec des distances de freinage plus courtes grâce au nouveau composant breveté de la bande de roulement et aux lamelles autobloquantes qui réduisent la déformation du pneu. La distance de freinage sur sol mouillé diminue de 13 % par rapport à la génération précédente avec un Label A pour le Kleber Dynaxer UHP et pour le Kleber Dynaxer HP4 en 16 et 17 pouces – Label B en 14 et 15 pouces.

La bande de roulement asymétrique avec les 2 sillons externes continus permet d’accentuer l’asymétrie et d’assurer le maintien dans les courbes et évacuer l’eau. La technologie des lamelles autobloquantes aide à apporter à la sculpture une meilleure rigidité dans la zone de contact et engendre une meilleure résistance au roulement et donc une consommation de carburant réduite.

Essai du pneu Kleber Dynaxer HP4

Le pneu été Kleber Dynaxer est fabriqué dans une large gamme en termes de taille et vise un grand nombre de véhicules. Le Dynaxer HP4 est le remplaçant du Dynaxer HP3, il offre une meilleure longévité et adhérence sur route sèche et mouillée.

Pour s’en rendre compte, Kleber a proposé un atelier freinage d’urgence sur chaussée mouillée, d’abord avec une Volkswagen Golf chaussée en Dynaxer HP3 puis sur une autre équipée de Dynaxer HP4. Deux freinages par pneumatique mettent en évidence le gain de performances!

Avec un élan de 95 km/h puis freinage jusqu’à l’arrêt. Le boitier Racelogic installé à bord de la Golf donnait une différence d’environ 4 m entre les deux générations. Vraiment pas mal!

Essai du pneu Kleber Dynaxer UHP

Le second pneu conçu par Kleber, le Dynaxer UHP, est une déclinaison plus sportive du Dynaxer HP4 pour des montes pneumatiques de 17 à 20 pouces. Son nom de code UHP signifie Ultra High Performance et il se reconnait par un dessin de la bande de roulement plus sportif. Le mélange de gomme est par contre identique au Dynaxer HP4.

Pour l’essayer, deux ateliers de conduite étaient proposés : pilotage sur le piste mouillée et slalom sur piste sèche.

Pour le pilotage sur piste humide, c’est à bord d’une Audi A4 B9 berline que ça se passe. La piste était totalement humide, arrosée en permanence pour avoir entre 1 et 3 mm de hauteur d’eau correspondant à un gros orage. J’attaque directement au volant de l’Audi et le comportement du pneu est surprenant car impossible à prendre en défaut. A aucun moment, la voiture ne montrait des pertes d’adhérence malgré mes efforts au volant.

Le deuxième atelier consistait à prendre le volant d’un Mini Cooper S équipée de pneus Kleber Dynaxer UHP pour tester son comportement sur piste sèche.

Les essais ont démarré avec une départ arrêté puis un freinage d’urgence sur chaussée sèche afin de se rendre compte du grip des pneus. Le Dynaxer UHP renvoie un très bon feeling au volant, et il serait intéressant de le comparer avec une référence comme le Michelin Pilot Sport 4 par exemple. Un slalom permet de mettre la Mini en appui et sentir le grip latéral du pneu. Avec une vitesse conseillée de 60 km/h, je m’aperçois rapidement que ma vitesse est bien supérieure. Le moniteur me laisse faire, et je quitte le slalom à presque 90 km/h !

Des pneus été au meilleur rapport qualité/prix

Surprenant, voilà ce que je retiendrais de cette journée. Le ressenti au volant est excellent, la tenue sur route mouillée des pneus Kleber Dynaxer HP4 et Dynaxer UHP est plus que rassurante.

Leurs prix attractifs additionnés à leurs performances en font des pneus de qualité, destinés avant tout à ceux qui ont un budget limité et qui souhaitent rouler l’esprit tranquille, sans se soucier des pneus justement.

Merci à Kleber pour cette journée d’essais.

 

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Visite de Renault Sport F1 Team à Enstone

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Visiter les ateliers d’une écurie de F1 est un privilège et une opportunité incroyable pour n’importe quel passionné de sport auto. Renault Sport Formula One Team m’a permis de vivre ce rêve.

En 1977, Renault dispute sa première course en Formule 1. Dès 1979, Renault remporte sa première victoire lors du Grand Prix de France qui se tenait alors sur le circuit de Dijon-Prenois avec Jean-Pierre Jabouille. Et puis il y a eu l’ère du turbo… en 1981, Renault engage Alain Prost qui remporte neuf victoires, obtient dix pole positions et ne passe pas loin du titre mondial en 1983. Renault se retire du championnat à la fin de la saison 1985 et conserve son rôle de motoriste, permettant dans les années 1990 à Williams de remporter cinq titres des constructeurs et à Benetton de s’en adjuger un.

Le groupe français revient en tant que constructeur de châssis en 2002 après le rachat de l’écurie Benetton. Il obtient deux titres mondiaux des constructeurs en 2005 et 2006 ainsi que deux titres de champion du monde des pilotes avec Fernando Alonso.

Une nouvelle page s’est ouvert il y a 3 ans. En annonçant son retour en tant que constructeur à part entière fin 2015, Renault s’est fixé des objectifs ambitieux pour gagner de nouveaux trophées. Renault Sport Formula One Team déploie ses activités quotidiennes sur deux sites : Viry-Châtillon près de Paris pour le moteur et Enstone au Royaume-Uni  pour la partie châssis. C’est là bas que je me suis rendu.

En pleine expansion.

Mi-2018, 676 collaborateurs évoluent dans l’Oxfordshire. Ce chiffre représente une croissance de 50 % sur les trois dernières années et de 31 % par rapport aux campagnes victorieuses de 2005 et 2006. 446 employés vivent dans un rayon de 25 miles autour de l’usine. Outre la conception du châssis et les unités de production, Enstone englobe le développement et l’intégration des boîtes de vitesses, l’électronique, la recherche et le développement, la soufflerie, un simulateur de pilotage, des bureaux d’ingénierie, un atelier de peinture et la base de l’équipe de course.

Bureau d’études.

C’est l’un des plus gros secteurs d’Enstone et c’est un peu là que tout commence. Plus de 70 personnes participent au dessin du châssis dans le bureau d’études, il est divisé en différentes sections : conception de la transmission, conception mécanique, analyse des contraintes et Groupe de Performance du Véhicule (GPV). Cet espace ouvert est conçu sur mesure pour encourager l’interaction entre les différents sous-groupes.

L’ambiance y est particulièrement studieuse. Et pour cause, il faut près de 150 000 heures de travail et 19 000 dessins pour définir les 14 500 composants d’une voiture! Les employés du BE sont placés sous la direction de Martin Tolliday (chef designer) et Simon Virrill (chef adjoint au design), eux-mêmes dirigés par Nick Chester, directeur technique châssis.

La F1 répond à un cycle continu. Dès qu’une saison démarre, les plans et les dessins de la suivante commencent afin de devancer la concurrence. Le juste équilibre reste difficile à atteindre, la performance en piste étant tout aussi importante que les préparatifs de l’année suivante. On nous avoue qu’une écurie qui arrive avec la même voiture que la précédente course a déjà perdue. Cela montre à quel point la F1 est exigeante. On estime à quasiment 2 secondes le gain au tour entre le début et la fin de la saison.

La soufflerie.

La F1 est une discipline où l’aérodynamique tient une place très importante. Pour limiter les coûts, la FIA encadre le nombre d’essais, il y a même une caméra de surveillance. Une maquette à 60 % est placée sur une piste roulante face à un flux d’air fixé et restreint par la FIA à 50 mètres par seconde. Tous les éléments pouvant affecter la monoplace sont essayés en soufflerie, qui peut tester le tangage, le roulis, la hauteur de roulement, les appuis, la déformation des pneus et le système d’échappement afin d’examiner leur comportement et leur potentiel.

En 2017, la soufflerie d’Enstone a bénéficié d’une importante remise à niveau pour améliorer ladite piste et augmenter l’angle et la portée de lacet. Une maquette de monoplace reste cachée sous une bâche, il ne sera pas possible de la voir et pour cause: il s’agit de la RS19 pour l’année prochaine!

La mécanique des fluides numériques aide et révolutionne de manière significative ce processus de conception. Pour faire simple, il s’agit d’une soufflerie virtuelle où des superordinateurs dotés de logiciels de pointe permettent aux ingénieurs de simuler la complexité des flux à l’extérieur et à l’intérieur de la voiture à travers plus de 60 To de données par semaine. Situé sous terre, le centre CFD d’Enstone est pleinement opérationnel depuis 2008. De l’extérieur, il s’apparente à une colline, une architecture bien réfléchie afin de tenir compte des préoccupations environnementales.

Fabrication.

Le département de fabrication est chargé de réaliser les radiateurs, les échappements et d’autres petites pièces. Malgré les exigences d’une précision minutieuse, il n’y a pas meilleur moyen que d’y procéder manuellement.

Le système d’échappement est tout particulièrement soigné avec une épaisseur variant de 1,1 à 0,3 mm à sa sortie. Si une part importante est faite à la main, le reste se compose de titane imprimé en 3D. Les échappements sont conçus à partir de feuilles extrêmement fines d’Inconel, un alliage à haute teneur en nickel résistant à des températures élevées dans des environnements extrêmes où elles peuvent dépasser 1000°C, comme en Formule 1. Deux journées et demie sont nécessaires à deux personnes pour en fabriquer la majeure partie, mais la moindre erreur peut provoquer une perte de puissance, voire un abandon.

Conformément au règlement de la FIA, le poids minimum d’une F1 est aujourd’hui de 734 kg. L’objectif est donc de rendre la monoplace la plus légère possible, tout en tenant compte de la sécurité du pilote et des nombreux crash-tests auxquels il faut se soumettre. Du lest peut également être ajouté pour atteindre ce seuil légal et laisser davantage de libertés aux ingénieurs pour optimiser le centre de gravité de la voiture.

Les technologies d’usinage les plus avancées sont utilisées afin de produire plus de 50 000 éléments métalliques sur une saison. Les outillages fonctionnent 24 heures sur 24 tout au long de l’année. 20 machines CNC, EDM et GF composent le département d’Enstone et 90 % d’entre elles ont été renouvelées l’an passé.

Au cours de l’année précédente, deux nouvelles machines Breton 1500 Matrix Dynamics ont été installées à Enstone afin d’améliorer les châssis. La fabrication d’un châssis peut prendre jusqu’à cinq semaines de travail, mais la précision de ces machines permet de gagner 30 % de temps par rapport aux précédentes. Je n’avais jamais vu une aussi belle installation.

Production.

Le banc d’essais à sept vérins est une machine de torture pour F1. Rene Torcato raconte: « C’est un outil employé pour améliorer les performances de la voiture à travers la suspension. Nous pouvons reproduire le comportement de la monoplace sur le circuit dans l’environnement intégralement maîtrisé du laboratoire. Nous recevons généralement les données de l’équipe de piste après les essais libres du vendredi, nous prenons un tour en référence et nous l’appliquons sur le banc avec toutes les contraintes qui existent. Nous pouvons ainsi estimer l’impact des différents réglages et anticiper de nouveaux concepts tant pour la voiture actuelle que pour les futures. »

Simulateur.

Le simulateur joue un rôle crucial dans le développement. Utile aux pilotes, ingénieurs, designers et au Groupe de Performance du Véhicule (GPV), celui d’Enstone a été mis en service en 2011. Il dispose d’un modèle de la voiture conçu par l’équipe et des tracés fournis par R Factor Pro. Doté de cinq projecteurs haute définition, son système de direction offre une représentation et des sensations fidèles, notamment par rapport aux forces générées sur les pneus. La télémétrie est aussi précise que celle sur place et s’avère extrêmement importante dans la préparation d’un week-end. Les trois quarts de l’énergie consommée par le simulateur viennent de panneaux solaires pouvant produire 33 000 kWh par an.

Le simulateur tourne avec de vrais pilotes, que ce soit les pilotes officiels Niko Hulkenberg et Carlos Sainz, d’essais ( Jack Aitken et Artem Markelov ) et même les jeunes de la Renault Sport Academy comme le Français Victor Martins.

Il permet d’évaluer de nouvelles pièces, ajuster les réglages, le simulateur étant très proche de la réalité.

Salle des opérations.

La radio dans le garage, sur le muret des stands et dans le bureau d’ingénierie de la piste est reliée à la salle des opérations d’Enstone. Cette dernière a été mise pour la première fois en service en mai 2017. Elle comprend six écrans de 75 pouces, 24 postes de travail dotés de deux moniteurs de 24 pouces et un système radio de pointe similaire à celui sur le circuit.

Sur les voitures, on retrouve plus de 200 capteurs fournissant 150 000 mesures par seconde, dont l’enregistrement des températures, pressions et accélérations entre autres. Ces données en temps réel offrent 4 Mo d’informations par seconde, transmis au garage en quelques millièmes de seconde et à Enstone en un quart de seconde.

Celles-ci sont utilisées pendant un week-end de course pour évaluer les problèmes de la voiture, prévoir la stratégie, anticiper le moindre scénario et permettre aux équipes d’Enstone de mesurer précisément les performances de la monoplace et du pilote. On retrouve diffèrents types d’ingénieurs:

  • Les ingénieurs-performances, responsables des éléments liés au châssis, y compris l’acquisition de données, les réglages, la simulation et la prévision des performances.
  • Les ingénieurs-contrôle, qui s’assurent du fonctionnement de la boîte de vitesses, des départs, des surrégimes moteur et de la cartographie du freinage électrique.
  • Les ingénieurs-aérodynamiciens, qui s’occupent de tous les aspects aérodynamiques et font le lien avec le même département d’Enstone pour que la monoplace opère dans la bonne fenêtre d’exploitation.
  • Les ingénieurs-groupe propulseur, chargés de tous les paramètres ayant trait aux performances et à la sécurité du groupe propulseur.
  • Les ingénieurs-stratèges, dédiés à la stratégie et à l’analyse des concurrents. Ils évaluent les performances de l’équipe et de ses adversaires, les classent selon leur rythme et déterminent la quantité d’essence et les pneus. En qualifications, ils scrutent les temps couperets pour garantir le passage dans la séance suivante tout en surveillant l’évolution de la piste. La nuit avant le départ, ils étudient les différents scénarii et anticipent les réactions de l’écurie avant d’analyser les performances en temps réel et donner des conseils sur les fenêtres d’arrêt aux stands dès l’extinction des feux.

A vrai dire, on pourrait comparer aux salles de contrôle de la Nasa.

Un énorme merci à toutes les équipes Renault Sport Formula One Team qui ont tout mis en oeuvre pour nous faire passer une journée exceptionnelle et partager avec le sourire leur passion qui est aussi leur métier.

Photos de Renault Sport Formula One Team à Enstone

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