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Essai Hyundai Ioniq 5

6 minutes de lecture

Frapper un grand coup? C’est surement l’objectif de Ioniq 5 puisque la marque Coréenne n’est pas nouvelle dans le monde de l’électrique. Mais avec Ioniq 5, l’ambition est de mettre tout de suite un coup au foie comme le dirait le Président Macron, mais de qui? Volkswagen pardi!

Design

N’étant pas limitées par la nécessité de loger un moteur à l’avant, les plates-formes des véhicules électriques donnent la possibilité d’aborder la conception des voitures d’une manière totalement différente. En voici une jolie démonstration.

Hyundai affirme que le look a été inspiré par le coupé Pony des années 70 . Mais contrairement à tant de constructeurs automobiles qui se tournent vers leur passé pour guider leur avenir en termes de design, la Ioniq 5 est tout simplement époustouflante, sous une forme de compacte familiale, avec un éclairage pixelisé à l’avant et à l’arrière et des lignes tranchantes.

Je dis une forme de compacte familiale, car la Hyundai Ioniq 5 est un SUV! Avec une longueur de 4,64 m et une hauteur de 1,65 m, elle est 14 cm plus longue que le nouveau Tucson, pour la même hauteur. A noter aussi son empattement de 3m, et résultat des courses, la Ioniq 5 est beaucoup plus grande que vous ne le pensez. C’est un coup de maître côté design.

On pourra citer également les poignées affleurantes, les arches de roues, les prises d’air actives dans le bas du bouclier et surtout la signature lumineuse qui fait entrer la marque dans une nouvelle dimension. Les teintes extérieures ne sont pas en reste puisqu’il y a deux peintures mates au catalogue: Gravity Gold et Shooting-Star Gray. Sans être expérimentale, cette voiture aux allures futuristes dégage quelque chose de très nouveau. Dans la circulation, elle se distingue largement.

A l’intérieur

À l’intérieur, l’habitacle profite pleinement de la plate-forme e-GMP qui se trouve en dessous. Un plancher plat signifie aucun tunnel central fixe, avec une console centrale mobile qui fournit des porte-gobelets, des casiers et un chargeur de téléphone sans fil. Vous êtes également accueilli par des sièges rembourrés épais, deux écrans massifs et un volant à deux rayons qui me surprend surtout par l’absence de logo Hyundai, à la place nous avons quatre petit pixel stylisé. Ma première impression est la grande luminosité qui s’en dégage malgré l’absence de toit panoramique. Ici le toit est recouvert de panneaux solaires pour augmenter l’autonomie!

Mais Hyundai n’a pas surchargé de technologie son intérieur comme dans une Mercedes, ou ultra-minimaliste comme dans une Tesla. Il y a un équilibre entre les écrans, les commandes physiques et les matériaux solides sur tous vos points de contact habituels. La manette de changement de vitesse, par exemple, se trouve sur la colonne de direction.

L’espace est impressionnant aussi. C’est immense une fois à l’intérieur, avec beaucoup de place pour les passagers arrière également. D’ailleurs, il y a tellement d’espace que les occupants peuvent complètement incliner les sièges avant pour profiter d’une position « zéro-gravité » et d’une sensation de confort inégalée.

Ce SUV d’un nouveau genre bénéficie d’une finition correcte, même si les matériaux, plutôt disparates en termes de couleur et de qualité, ne se distinguent pas particulièrement. La constitution de la planche de bord, réalisée en plusieurs couches, n’appelle pas de commentaires particuliers sur le toucher ni sur le soin apporté à son assemblage. Son style se veut particulier, mais il cadre bien avec l’ambiance générale dégagée par la voiture. A noter que de nombreux matériaux utilisés sont issus du recyclage pour mettre en avant l’attitude éco-responsable de Hyundai.

Moteur

La Ioniq 5 sera disponible avec trois motorisations différentes:

  • Le plus petit moteur développe 125 kW et 350 Nm sur les roues arrières, il est associé à une batterie de 58 kWh et réalise le 0 à 100 km/h en 8.5 sec. L’autonomie est de 384 km.
  • Le moteur intermédiaire dispose de 160 kW et 350 Nm. il est associé à une batterie de 72.6 kW et réalise le 0 à 100 km/h en 7.4 sec. L’autonomie maxi homologuée est de 481 km.
  • La plus grosse motorisation se compose de deux moteurs électriques. Un de 155 kW sur l’essieu arrière, et un autre de 70 kW sur l’essieu avant, ce qui en fait une transmission intégrale. Le couple grimpe à 605 Nm, et le 0 à 100 km/h tombe en 5.2 sec. Toujours associé à une batterie de 72.6 kWh, l’autonomie est de 460 km.

C’est cette dernière et puissante configuration dénommée HTRAC que j’ai eu la chance d’essayer. Mais le vrai avantage qu’a Ioniq 5 sur le marché électrique actuel, c’est qu’il permet à la fois une charge de 400 ou 800 volts, ce qui signifie (sur les chargeurs de 350 kW les plus rapides disponibles) la possibilité de passer de 10 à 80 % de charge en seulement 18 minutes. Ce que j’ai pu tester et valider. Aujourd’hui, seules la Porche Taycan et sa cousine Audi e-tron GT disposent de la même technologie. Vous pouvez remarquer les petits carrés en LED au niveau de la prise de recharge qui indiquent le niveau de charge.

En bonus, avec une prise de courant dans la voiture, il y a la possibilité d’utiliser la voiture comme une banque d’alimentation roulante, vous permettant de brancher (via un adaptateur sur la prise du port de charge) presque tout à l’extérieur, comme un barbecue électrique, un vélo ou même un autre véhicule électrique.

Au volant

Marchez jusqu’à la Ioniq 5 et les poignées de porte affleurantes sortent. Après avoir pris place, le siège électrique reprend sa position pour la conduite et c’est parti! Rien d’intéressant jusque là puisqu’il s’agit d’une électrique familiale, c’est donc doux, silencieux et facile à emmener. Les qualités de Ioniq 5 se révèlent au fil des kilomètres… et elles sont nombreuses!

Le mode Eco atténue l’accélérateur, mais je préfère switcher tout de suite en mode Normal. Les cadrans évoluent, c’est très bien fait et important de le signaler. Dans ce mode, c’est toujours le moteur arrière qui est utilisé, l’avant intervient seulement en cas de perte d’adhérence ou de fortes sollicitions de l’accélérateur.

La direction est bien pondérée, pas de points morts décentrés et extrêmement fluide. Ensuite, il y a les freins. C’est presque une attente pour une voiture électrique d’avoir une pédale de frein spongieuse et une sensation incohérente lorsque vous appliquez une certaine pression en raison du freinage par récupération, mais pas ici. On peut configurer 3 niveaux de récupération à l’aide des palettes et un 4ème niveau « e-Pedal » parfaitement paramétré et qui offre, cette fois, la possibilité de ne plus toucher à l’accélérateur à l’approche d’un rond point ou d’un feu de signalisation.

Sur l’autoroute, l’auto surprend par son silence. L’insonorisation est réussie, surtout avec un design à la serpe et des jantes de 20 pouces. Ici le bruit des pneus est bien dans un niveau acceptable et le bruit du vent est mineur. Le confort et le bien être sont de mises!

C’est le moment de passer en mode Sport, qui force l’utilisation des deux moteurs. Et là, vous pouvez aussi vraiment vous amuser avec cette voiture sur une route secondaire. Je profite de l’effet catapulte de l’électrique en sortie de virage. L’addition du couple, d’une direction précise et de freins agréables est détonante mais il y a aussi un véritable équilibre dans le châssis. Oui, il y a du roulis, parce qu’elle pèse toute de même plus de 2 tonnes, mais la façon dont la suspension gère le poids est vraiment quelque chose à féliciter.

Repassons en mode Normal pour faire le tour des aides à la conduite. Il y a notamment la surveillance des angles morts avec affichage par caméra lorsque le clignotant est enclenché, l’aide au stationnement avec freinage automatique et l’assistant à la sortie par les portes arrière. Ce système empêche l’ouverture de la porte si un véhicule est en approche. À noter, enfin, la bonne utilité de l’assistant vocal intelligent, qui permet d’ajuster la climatisation, la radio, de commander l’ouverture du hayon ou encore les sièges et le volant chauffants. Il y a encore de nombreuses aides à la conduite, l’expérience est électrisante!

Conclusion

Un look époustouflant, un intérieur parfaitement utilisable et attrayant, et une dynamique nette qu’il est rare de trouver dans un véhicule électrique familial lourd. Hyundai Ioniq 5 dénote dans le paysage automobile et devrait logiquement être un vrai produit de conquête pour le constructeur Coréen.

Photos de la Hyundai Ioniq 5

Fiche Technique de la Hyundai Ioniq 5

MOTEUR
Type : Electrique
Puissance maxi : 306 ch
Couple maxi : 605 Nm
TRANSMISSION
Intégrale
Boîte de vitesses : automatique
POIDS
Données constructeur à vide : 2095 kg
Rapport poids/puissance (kg/ch) : 6,84
PERFORMANCES
Vitesse maxi : 185 km/h
0 à 100 km/h : 5″2 sec
CONSOMMATION
Autonomie: 430km

Notation

9.0

Sex Appeal

9.0

Vie à bord

8.0

Performances

8.0

Plaisir de conduite

Pros

  • +Style
  • +Techno
  • +Ambiance intérieure

Cons

  • -Lourd
  • -Diamètre de braquage

Thomas Boulenger

Blogueur auto depuis 2009, je partage avec passion mes essais et mes voyages autour de l'auto. J'aime quand ça va vite, mais avec l'âge je commence à apprécier le confort du cuir...
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